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Nouvelles fantastiques de 4°

Nouvelles fantastiques

Voici les meilleures nouvelles fantastiques des 4E et 4C. Le travail a eu lieu au mois de décembre dernier sous le titre: "J'écris ma nouvelle fantastique" et a été réalisé en groupe de trois ou quatre élèves durant 4 séances. Cela suivait le programme de français : thème- "La fiction pour interroger le réel", découverte du registre fantastique.

Claire SAMSON, professeur de Lettres

« Ce ne sont pourtant que des BD »

 

De Léa Aspignon, Adam Bourdin et Alexandre Prunevielle (4eC)

 

 

 

Un jour semblable à tous les autres, je m’assis dans mon fauteuil favori pour déguster avec passion la nouvelle BD que j’avais achetée peu de temps auparavant. Je lisais chaque soir une bande dessinée pour me changer les idées de toutes les journées exécrables qui s’enchaînaient les unes après les autres depuis le jour de ma naissance. Il faut dire que la vie ne m’a pas gâté : je ne suis pas grand, un peu enrobé, bigleux, flemmard et j’ai la nette impression d’être un idiot lorsque je côtoie d’autres mammifères, mais bref, cela n’est qu’un léger détail comparé à ma superbe dentition. Je m’asseyais donc dans mon fauteuil et j’ouvris ma nouvelle BD. C’était l’histoire de Superman. Puis, je pris mes antidépresseurs quotidiens et allai me coucher. Pendant mon sommeil, je fis un rêve très étrange. Dans ce songe, j’étais doté de supers pouvoirs semblables à ceux de Superman. Contrairement à d’habitude, j’étais en bonne condition physique, étant conscient que je rêvais, j’agissais comme bon me semblait sans me soucier des conséquences. Je modifiai la trajectoire de la voie ferrée de la ville pour qu’elle conduise directement au marchand de glaces. Grâce à mes pouvoirs, je pus le faire en volant et cela ne me prit que quelques instants.

 

Je me réveillai le lendemain avec les mains pleines de terre, tout pensif à propos de ce rêve si étrange. L’état de mes mains m’intriguait mais je laissais cela de côté. Puis, comme à mon habitude, je pris mon petit déjeuner devant le journal télévisé et me préparai psychologiquement à une nouvelle journée remplies de banalités coutumières. Cependant, le journal télévisé attira mon attention :

 

« Mesdames, messieurs, bonjour ! Des dégâts importants ont eu lieu cette nuit dans la ville. Aucun témoin n’a aperçu la cause de ce désastre. La trajectoire de la voie ferrée a été modifiée et mène maintenant à un marchand de glaces ! Interrogeons notre experte, Elise E**.

 

- Bonjour Tom, je suis bien sur les lieux, les dégâts sont colossaux. Par ailleurs, les glaces sont délicieuses ! »

 

            J’éteignis la télévision, troublé, émettant certaines hypothèses entre l’état de mes mains et mon rêve. Bouleversé enfin, je décidai de prévenir mon patron de ma future absence occasionnelle. Pour oublier cet événement pour le moins peu ordinaire, je pris une BD. Je lus quelques pages et allai me chercher un café. Mais, sans même m’en rendre compte sur l’instant, je m’étais déplacé extrêmement vite. Avais-je la tête ailleurs lorsque j’avais effectué ces quelques mètres ou bien m’étais-je réellement déplacé à une vitesse hors du commun ? Je m’assis de nouveau dans mon fauteuil avec la même sensation et repris, étonné, ma bande dessinée de Flash Gordon, alias l’homme le plus rapide du monde. Avais-je un pouvoir ?

 

            Le lendemain, je vis en une des journaux que l’archéologue Philippe Leroy avait retrouvé la première bande dessinée réalisée par Stan Lee, où apparaissaient pour la première fois des supers héros « Marvel » et « D.C. Comics » dans le même album. Celle-ci était commercialisée en seulement quatre-vingt-dix exemplaires, dont dix uniquement avaient été dédicacées : c’était l’une d’elle. Je continuai ma lecture : l’archéologue, qui n’était pas un collectionneur, avait décidé de vendre cette BD aux enchères samedi prochain. Il me fallait cet ouvrage ! Or, ma sœur, qui me connaissait par cœur, m’appela dès qu’elle apprit la nouvelle :

 

« As-tu appris la nouvelle ?

 

- Evidemment, je suis abonné au Bordeaux Quotidien !

 

- J’espère que tu ne vas pas essayer de te la procurer : tu vas te ruiner !

 

- Biiiip… ». J’avais raccroché : je ne souhaitais pas entendre une nouvelle fois ma sœur me donner une leçon avec ses airs supérieurs.

 

            Le samedi suivant, j’allai aux enchères et tentai de me procurer la fameuse BD. J’étais si enthousiaste et pourtant si démuni : je n’avais pas assez d’argent pour le prix initial sans compter que celui-ci grimpait à la vitesse des petits capucins tropicaux. A la sortie, j’attendis que le nouveau propriétaire du trésor franchisse la porte. Je le suppliai de me vendre la BD à un prix charitable mais, quand j’y repense à présent, il est vrai que cela était audacieux de ma part. La réponse était évidente, cependant je n’abandonnai pas si vite. Je le suivis jusqu’à chez lui et, après avoir localisé sa villa, je rentrai chez moi. J’étais complètement obsédé par cette bande dessinée et me consolai avec la vulgaire copie de l’album. Je lus quelques pages et m’arrêtai à l’apparition de l’Incroyable Hulk…

 

            Je me réveillai dans mon salon et je faillis avoir une crise cardiaque en apercevant l’album original à mes côtés. Après une longue danse de la joie d’une heure et demie, je finis par me calmer et allai au travail plus heureux que jamais, sans même m’interroger sur la cause de ce miracle. Cependant, sur le chemin, je vis la maison de mon collectionneur rival et riche. La maison était dévastée et l’homme grièvement blessé. Je décidai d’aller le voir afin de ne pas être attaqué en justice pour non-assistance à personne en détresse. Je m’approchai de lui mais, au lieu de me remercier, il appela la police. Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, je me trouvai au tribunal. Grâce à l’argent que j’avais économisé pour l’album, je pus me payer un avocat tout à fait acceptable. La victime vint à la barre et m’accusa d’avoir volé la fameuse bande dessinée, d’être entré par effraction chez lui, d’avoir tout saccagé et de l’avoir blessé. Mon avocat demanda au témoin comment un seul homme aurait pu causer de tels dégâts. La victime, anxieuse, pressentant qu’on ne le prendrait pas au sérieux en raison de l’invraisemblance de sa version, répondit de façon lente et hésitante. D’après lui, je m’étais transformé sous ses yeux en une immense créature verte, assoiffée de sang, de forme humanoïde, bien qu’avec une proportion géante. De grosses veines ressortaient de mes bras et je ne pus m’exprimer qu’en émettant des rugissements bestiaux. On ne pouvait percevoir aucune conscience humaine derrière cette massive couche verte.

 

Après un discours de mon avocat, l’homme fut pris pour un fou et suivit une thérapie gratuite dans un hôpital psychiatrique très réputé. Toutefois, les autorités trouvèrent chez moi l’album et je fus accusé de vol, condamné à trente semaines de prison et à une amende s’élevant à mille huit cents euros. A la fin de cette interminable période en prison, qui ne fut pas une partie de plaisir, n’ayant pas assez d’argent pour payer ma dette, je dus travailler bénévolement pendant deux mois. La rarissime bande dessinée fut restituée à l’acheteur originel dès la fin de son traitement.

 

Je ne sus jamais quelle version de l’histoire correspondait à la réalité. Avais-je rêvé ? Les coïncidences étaient pourtant trop nombreuses, les indices trop abondants. Avais-je réellement eu un pouvoir ? Ces albums étaient-ils magiques ? Ce ne sont pourtant que des BD… Depuis cette périlleuse histoire, je n’ai plus approché de bandes dessinées et j’eus le droit à un « je te l’avais bien dit » de ma chère sœur.

 

Un mystérieux musée

D’Emma AIT MOHEMO, Alexandre CHOUERI, et Kevin RACOWSKI (4eE)

      Je vais vous raconter la plus étrange mésaventure qu’il m’est arrivée. C’était en 1967, je venais d’avoir dix-sept ans, j’habitais encore dans ma ville natale, ****. Elle était réputée pour posséder un grand musée préhistorique : l’un des plus visités d’Europe. Les employés disaient apercevoir les statues bouger lors de la fermeture, mais je pensais sincèrement qu’ils étaient fous…

      Maintenant, commençons l’histoire. Durant toute ma scolarité, je n’eus que peu d’amis. Quelquefois j’entendais parler d’un groupe de malfaiteurs ; alors un jour, je me décidai à aller les voir pensant pouvoir m’y faire accepter et m’y intégrer. J’arrivai devant leur porte, très angoissé. Quelqu’un m’ouvrit :

« Qu’est-ce que tu fais ici ?

- Humm… Je… Je voudrais faire partie de votre groupe »

L’homme me fit entrer et me présenta aux autres. Ils me posèrent de nombreuses questions telles que :

« Qui sont tes parents ?

- Ma mère est morte et mon père, *** ****, travaille tout le temps.

- Et, au fait, quel est ton prénom ?

- Je m’appelle Marius » …

      Tout de suite après ma présentation, j’appris qu’il fallait que j’accomplisse une mission pour devenir membre à part entière de la bande : voler un objet du musée préhistorique. Je fus très surpris de cette nouvelle. Je courus chez moi pour prévoir un plan. A ma grande surprise, je vis mon père à la maison ; il m’annonça qu’il avait pris une semaine de vacances. Mais, alors que j’améliorais mon plan de jour en jour, le matériel que j’avais commandé fut intercepté par mon père qui me demanda :

« Qu’est-ce que c’est que ça, Marius ?

-       C’est… euh… pour l’école. »

      Mon père comprit que je mentais puis m’avertit de ne pas fréquenter de mauvaises personnes et de ne pas faire de bêtises. Il s’inquiéta tant pour moi, qu’il fouilla dans mes affaires et trouva mon plan. Comprenant que j’allais cambrioler le musée, il m’avertit des nombreuses conséquences que cela pourrait avoir et me supplia de ne pas le faire. Malgré tout, ma solitude me poussa à accomplir ma quête.

       Le grand soir venu, je sortis en secret de chez moi et me rendis, tout équipé, au musée. Je m’introduis dans celui-ci et remarquai immédiatement que les statues n’avaient pas leur apparence habituelle. Au même moment, j’eus de nombreux frissons, de multiples angoisses  et mon cœur battait si vite que je crus qu’il allait exploser. La lumière étant basse, je pris mon courage à deux mains et avançai dans cette obscurité lugubre. Je ne savais plus où je me trouvais : j’étais perdu.

      Lorsque je mis la main sur ma lampe torche et que je l’allumai, je me trouvais dans une pièce inconnue de tous : la réserve. Je décidai alors d’éclairer la salle. Soudain, je vis une imposante exposition d’hommes préhistoriques qui paraissaient chercher du gibier. J’aperçus leurs têtes barbues, sales, fatiguées : ils me semblèrent affamés. Le peu de vêtements qu’ils portaient étaient de simples peaux d’animaux. Ils tenaient dans leurs mains de grandes lances et des flambeaux. Seulement, en les regardant, j’étais terrorisé ; je sentais une présence inconnue auprès de moi.

      Après avoir repris mes esprits, j’allai chercher un flambeau ; or, dès que je le touchai, la pièce prit vie. Les hommes préhistoriques me regardaient d’un air terrifiant, avec une soif meurtrière. Pensant halluciner, je pris un instant pour me frotter les yeux, mais la troupe s’approcha de moi. Machinalement, je me mis à courir. Je me rendis dans tous les recoins possibles du musée mais je ne parvins pas à les semer. Très vite épuisé, je me trouvai dans une impasse. Je fus encerclé par des hommes qui voulaient me tuer : ils se tenaient, menaçants, en face de moi, leurs armes aiguisées étincelaient dans l’obscurité. Je ne sais pas si c’était un miracle mais, au moment où je pensais mourir, un bruit sourd fit fuir tous ces personnages terrifiants qui  retournèrent à leurs places et reprirent aussitôt l’immobilité des statues.

      Ce fut tout ce dont je me souvins. Je me réveillais le matin pensant avoir rêvé mais les sensations que j’avais ressenties étaient si réelles qu’il me fallait quand même confirmer mon hypothèse. La première chose que je fis fut d’aller voir le groupe que je voulais intégrer. Je leur racontai les raisons de mon échec mais aucun d’eux ne me crut. Nous allâmes quand même vérifier. On retrouva, au musée, les gants que je portai la nuit dernière mais, après des heures d’attente, rien ne se reproduit. Que s’était-il passé ? Ces statues prenaient-elles vie la nuit ? Avais-je rêvé ? Pourtant, les indices de ma présence au musée étaient irréfutables.

      Je décidai de ne pas intégrer cette bande grâce à mon père qui me remit sur la bonne voie. Cet évènement m’a troublé à jamais, et aujourd’hui encore, je me demande si cela était rêve ou réalité.